Au bout d'un instant il entendit la porte se fermer. La secrétaire est partie. Enfin il est seul. Il est à lui meme. Depuis le début de l'averse il voulait etre seul. La présence de cette femme
juste à coté de son bureau le genait. Il voulait savourer cette météo catastrophique. Debout devant la fenetre, il regardait ça et là le mouvement des gens et les arbres sous le vent. Le temps se
figeait, s'arretait. Les aiguilles de sa montre ne tournent plus. Quel plaisir! Des instants pareils, il y a longtemps qu'il les a vécus. Quand ? Ou ? Oui bien sur, il se rappelle. C'était quand il
était tout jeune à peine enfant chez lui dans la maison qui l'a vu grandir. L'hiver des années soixante dix était différent de celui des années deux mille. Il ne cessait de pleuvoir pendant ce
temps là. Le temps avait du charme. Souvent il entendait gronder le tonnerre et regardait, ébloui l'orage qui déssinait des formes bizarres dans le ciel. Il faisait ses premiers pas dans la
vie, et ressentait celle -ci pleinement.