Au hasard des flâneries

Publié le par sleemane

 J'ai une passion pour les livres, je les collectionne comme d'autres collectionnent les timbres ou les papillons..
C'est probablement une maladie; j'en aurai le coeur net un jour. En présence des livres je me sens tout petit; je redeviens écolier. Je comprends maintenant pourquoi les gens qui veulent se donner de l'importance se font filmer ou photographier avec une bibliothèque pleine de bouquins dérrière eux. C'est magique, on sent immédiatement qu'on est en présence de quelque génie qui impose respect et  silence.
Bref, là ou il y a des livres je m'arrete tel un enfant à DAH DAH  lorsqu'il aperçoit le vendeur de barbe à papa. C'est une faiblesse. A la rue Essabbaghine tous les bouquinistes me connaissent. Ils me laissent fouiller et ne font pas attention à moi. Ils pensent tous que je suis "oustadh" professeur. En réalité je ne le suis pas et je le serai jamais. Lors de mon dernier passage j'ai déniché une pépite d'or. Un petit  recueil de poésie de MOENIS C. Taha- Hussein. Il s'intitule: MIDI LE JUSTE, et contient 43 sonnets absolument fabuleux. L'ouvrage est broché tiré sur papier velin et numéroté de 1 à 500. Le recueil que  je mis dans mon cartable portait le numéro 410. Une rareté!

Voilà pour ceux qui aiment les mots bien faits une petite pépite:




PRELUDE

J'ai vécu d'un passé sans aucune importance

Prenant racine sur les mots habituels

Qu'on répétait autour de moi comme le ciel

Répète le soleil et l'étoile qui danse

 

Et je me suis nourri de mille souvenances

A faire mon âme un jardin conventuel

Du sable j'ai bâti mes châteaux rituels

Ils se sont écroulés à mon premier Je pense

 

Restent les débris beaux qu'il faudra balayer

Qu'on les emporte loin afin que je ne sache

Raccommoder ni plus avant-hier  ni plus hier

 

J'éprouve un tel plaisir à me connaitre lâche

J'ai vendu mon passé pour n'en point toucher l'or

Avenir s'il te plait change-moi ce décor

1945                                     

                                                                                       

                                                    Moenis C. Taha-Hussein

                                          Tiré de : MIDI LE JUSTE   Sonnets , EDITIONS AL-MAAREF       1954

 



      

Publié dans CULTURE

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sleemane 24/02/2009 23:34

ça sera avec plaisir Khanouff.

khanouff 23/02/2009 11:53

Alors on est deux habitués des bouquinistes :), mais les belles trouvailles sont devenues rares.
Au plaisir de te croiser un jour, on ira boire une orangeade chez Victor :))

RENZO 23/02/2009 07:12

Les livres ont besoin d'être remis au goût du jour et je comprends tout à fait ta passion ou ta collectionnite.
Merci pour ce poème, c'est effectivement une pépite :"Qu'on répétait autour de moi comme le ciel
Répète le soleil et l'étoile qui danse".....C'est sublime.